L’année de repos d’une angoissée pessimiste, Tome 1.

En Septembre 2015, j’ai commencé un Master de droit à Londres avec un plan bien précis en tête : arrêter le droit. J’avais décidé de réfléchir pendant l’année à ce que je ferais. C’est long un an, ça va sûrement me venir. La révélation divine ne se produisant pas, je décide en cours d’année de prendre une année off, repoussant ainsi toute prise de décisions ou de risques. Finies les angoisses. Enfin, repoussées à plus tard.

Un an plus tard, toujours pas de révélation, mais je garde espoir. Que fait le jeune pendant une année sabbatique ? Il voyage. N’ayant travaillé que deux mois dans ma vie, il me manque un peu de fonds pour partir faire un tour du monde.

Bon, c’est moins marrant que ce que j’imaginais. Je décide de rester à Londres, trouver un job et commencer à économiser. Je rentre dans une boite dans laquelle le seul critère d’entrée est d’être un être humain. Je ne leur ai pas fait part de mes doutes sur la question et ai commencé à bosser dès le lendemain C’est un job de serveuse en intérim, on sert dans des mariages, des conférences, des banquets de Noël. Nouvelle victoire pour mon indécision chronique : je travaille suffisamment pour ne pas avoir à penser à ce que je ferais de ma vie.

Lors d’un événement, je rencontre une fille qui travaille dans une différente agence. Je suis bouche bée lorsqu’elle m’annonce son salaire : 40 centimes par heure de plus que ce que je me fais. Je rentre chez moi et postule. Critères d’entrée toujours les mêmes, je rentre. Ce que j’ignorais alors, c’est qu’il est plus aventureux de trouver un bon restaurant chinois à Londres que de trouver une nouvelle agence. Une chose en entrainant une autre, je me retrouve avec 7 employeurs. Je leur dis à chacun que je n’ai qu’eux dans ma vie. Je deviens rapidement la bête noire des réceptionnistes que j’appelle 18 fois par jour pour demander du travail, puis annuler car j’ai reçu une meilleure proposition. Plus le temps passait, plus j’avais des journées sans boulot car j’avais vainement attendu L’offre exceptionnelle.

Il faut réagir, la situation devient difficile à gérer. Je développe un respect et une empathie pour le libertin, son quotidien est un véritable calvaire. Un jour, pour mettre fin à ces affres, il décide probablement de se marier. De même, je décide de trouver un job permanent.

Une nuit de décembre, vers 2 heures du matin, je me considère prête à faire mes vœux de fidélité à un restaurant. Connaissant ma propension à me lasser en moins de deux heures de lieux, personnes et activités, c’est un choix très risqué. J’envoie mon CV une cinquantaine de fois. Je vais à l’entretien du premier qui m’a appelée, ça s’appelle Sketch, resto pseudo branché à Mayfair.

A suivre…

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